Facebook, erreurs et bonnes pratiques

Fabrice Berrahil est expert en stratégie digitale, au sein de l’Agence RUP. « Connecté » depuis plus de 15 ans, titulaire d’un master professionnel en communication publique et politique (IEP de Bordeaux et ISIC), il conseille, forme et accompagne les acteurs de l’espace public dans leur stratégie et leurs actions numériques. Fabrice est également formateur dans les domaines de la communication et du numérique pour le département formation continue de Sciences Po Bordeaux et chargé de cours à l’Université Paris-Est Créteil et à l’Université Bordeaux Montaigne. Il nous donne quelques clés d’une communication efficace sur Facebook…

Les 7 clés à garder à l’esprit pour mieux communiquer sur Facebook

1 / Penser « Stratégie ». Être sur Facebook n’a de sens que si l’on sait précisément ce qu’on vient y faire. Cette présence et cette activité sur Facebook doivent être parfaitement articulées avec les objectifs stratégiques et les objectifs de communication de l’association : recruter des bénévoles, solliciter des dons, renforcer la relation avec ses membres ou sympathisants, se faire connaître auprès de publics cibles précis, améliorer la coordination de ses équipes… Selon les objectifs poursuivis et leur hiérarchie, la présence et l’activité sur Facebook prendront des formes diverses (types de contenus, page, groupe ou compte, applications, publicité, régularité, ton…). Ne pas restreindre une stratégie digitale à un site Internet et une présence sur Facebook sous prétexte que c’est le réseau social le plus important. Il faut être aujourd’hui également sur d’autres réseaux (Pinterest, Twitter, etc…).

2/ Ne pas croire que l’on touche le grand public grâce à Facebook. Même s’il est aujourd’hui le plus grand des réseaux (1,32 milliard d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde et 28 millions de comptes en France)(1), Facebook est essentiellement utilisé pour partager des informations privées. Il correspond donc psychologiquement à l’intimité des gens et symboliquement à leur domicile. Envoyer un message sur Facebook, c’est un peu comme « taper à la porte d’entrée ». Il serait donc contre-productif d’essayer de faire du quantitatif en essayant de toucher de larges cibles, sauf à avoir déjà une notoriété très importante, comme les grandes marques ou les personnalités célèbres.

3/ En revanche, Facebook, n’est pas un outil de diffusion, d’audience, mais un outil de relation, de conversation. Il permet de créer de l’interaction, d’écouter ses publics : c’est un lieu d’engagement du public avec les associations.

4/ Pour susciter la conversation, il faut « alimenter la pompe ». La clé de la communication sur Facebook comme sur tous les supports web, c’est le contenu. Il faut donc rédiger des textes, poster des visuels, des vidéos, en misant sur la qualité et la pertinence en un mot construire un véritable storytelling. Attention : cette création de contenu, l’entretien de la conversation (réponses aux commentaires) nécessite une réelle expertise de communication et surtout peut vite se révéler chronophage et nécessiter de créer un poste de community manager ou de faire appel à des spécialistes externes.

5/ Il ne suffit pas d’être « liké », il faut transformer ! Le like est un geste extrêmement simple… mais souvent peu engageant. Avoir des milliers de likes peut être valorisant, mais peu productif. Les likes doivent permettre de récolter des contacts afin de les mobiliser : c’est ce que les spécialistes appellent le « call to action » qui se traduit concrètement par un lien ou un bouton à cliquer. En proposant de passer à l’action (par exemple : une inscription à un événement, la signature d’un appel, une demande d’informations…) on contribue à la création d’une communauté de personnes engagées.

6/ Penser à utiliser toutes les fonctionnalités de Facebook, pas seulement la page. Par exemple, il peut être plus pertinent, selon les objectifs de communication, de créer des groupes (qui peuvent être fermés, secrets, ouverts…) qui seront d’excellents vecteurs de recrutement, de coordination et de mobilisation. De même, il est possible de créer des applications Facebook plus ou moins complexes qui permettent de récolter les « informations de base » des contacts et de créer une expérience utilisateur originale et unique.

7/ Ne pas oublier la publicité sur Facebook. Elle n’est pas chère : on peut être annonceur avec quelques euros par mois. Facebook permet également un ciblage très fin : par exemple pour recruter des participants pour un colloque de 100 personnes. L’achat d’espace peut donc y avoir un excellent ROI (retour sur investissement). Toutefois, il est vivement conseillé de se faire aider : un achat d’espace efficace sur Facebook est extrêmement complexe, car les fonctionnalités de ciblage sont multiples et difficiles à utiliser pour un non-spécialiste.

De Youphil.com, le média de toutes les solidarités

Pour aller plus loin
Le site de l’Agence RUP

(1) Chiffres juillet 2014. Source : le blog du modérateur, chiffres Facebook 2015