Arrêtez d’avoir peur avec les « Femme au volant » !

Femme au volant

Beaucoup d’utilisateurs des VTC sont plus rassurés quand ils sont transportés par une femme. Problème : comment le savoir à la réservation ? Smahane Bouchlaghem a une solution : l’application Femme au volant.

Vous sortez tard du boulot, vous commandez un taxi, une berline vient vous chercher. Mais derrière ses lunettes noires, le chauffeur affiche une mine patibulaire. Pas rassurant ? C’est ce que beaucoup de femmes éprouvent quand elles voyagent en Véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC). Smahane Bouchlaghem, jeune entrepreneuse de 28 ans, a trouvé la solution : Femme au volant, le premier service de VTC où le volant est exclusivement tenu par des femmes. Une idée qui répond à un vrai besoin de société, selon elle.

 

Beeotop – Femme au volant, c’est une idée originale ?

Smahane Bouchlaghem – Non, je l’ai déjà expérimenté à Londres et à Dubaï. En conduisant en France, j’ai remarqué que beaucoup de femmes étaient soulagées de voyager avec moi, et elles réclamaient mes coordonnées pour me contacter quand elles rentraient tard. Des parents aussi me demandaient de récupérer leurs enfants.

 

Combien y a-t-il de femmes conductrices chez Femme au volant ?

J’ai recruté une dizaine de conductrices professionnelles, reconnaissables par leur élégance vestimentaire, en clin d’œil aux hôtesses de l’air. Pour l’instant, elles sont en statut d’auto-entrepreneuse, avec un contrat de licence de marque pour qu’elles puissent utiliser la marque Femme au volant. Aujourd’hui, sur le marché du transport de passager, 10 % des conducteurs sont des femmes, et je veux augmenter cette part pour parvenir à davantage d’égalité. Tout le monde y gagne : les femmes qui conduisent sont moins dangereuses que les hommes, les statistiques de la Préfecture de Paris sont formelles sur ce point. D’ailleurs, les assurances pratiquent des tarifs moins élevés lorsqu’une femme conduit.

 

Mais comment réserver un véhicule conduit par une femme ?

Nous venons de sortir une application pour joindre directement les conductrices. Contrairement à d’autres applications où tout est robotisé, nous répondons au téléphone pour rester proche du client. Cette qualité de service se reflète dans nos tarifs, pour éviter la précarisation du métier. D’ici la rentrée de septembre, je vais lancer une deuxième vague de recrutement de 50 conductrices.

 

Comment voyez-vous l’évolution de la demande pour ce type de services ?

C’est très bien parti. J’ai approché des organisations spécialisées dans le handicap, mais je veux aussi présenter notre offre aux boutiques de luxe, aux grands hôtels, aux centres hospitaliers, aux maisons de retraite, etc. De nombreuses entreprises auraient tout intérêt à travailler avec nous, ça leur apporte une vraie valeur ajoutée.

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