À Pointe Noire, ASI sort 250 jeunes filles de la rue

Ndako ya élykia, la Maison de l’espoir, monte des actions de prévention auprès de jeunes filles de Pointe Noire, au Congo, avec Actions de Solidarité Internationale.

Quand elle était en troisième, Ordanie est tombée enceinte. Ses parents, furieux, l’ont obligée à vivre avec son ami. Mais celui-ci a commencé à l’insulter, et la vie d’Ordanie est devenue un enfer.

Indura a six frères et trois sœurs. Quand son père est mort, sa mère a déménagé sans elle à l’intérieur du Congo. Indura voudrait aller la voir, mais le voyage coûte trop cher. Alors elle reste seule avec sa fille et ses yeux pour pleurer.

Fanette est une enfant de la rue depuis l’âge de neuf ans. À treize ans, elle s’est retrouvée enceinte. Le futur papa a fui, elle est partie à sa recherche, mais il l’a traitée de sorcière. Son bébé est mort à la naissance, et elle n’a pas pu l’enterrer elle-même.

Ordanie, Indura et Fanette habitent à Pointe Noire, la grande ville portuaire de la République du Congo. Toutes les trois sont mineures et vivent dans la rue depuis plusieurs années.

Mais que faire à Pointe Noire quand on est une jeune fille mineure isolée et qu’on a des enfants ? Trop souvent la seule issue pour gagner sa vie reste la prostitution. Et avec elle vient la violence, dans une impunité quasi-totale. C’est là le lot de beaucoup de jeunes filles congolaises.

La Maison de l’espoir

Depuis plus de dix ans, Actions de Solidarité Internationale (ASI), une ONG hébergée au BeeoTop, a ouvert un centre pour les recevoir : Ndako ya élykia, c’est-à-dire la Maison de l’espoir. Les filles y sont accueillies par une équipe composée de personnel local et qualifié.

Avec d’autres acteurs publics et privés de la ville, ASI met en œuvre un programme innovant de prévention. Ce programme prend en charge les filles depuis la rue jusqu’à leur insertion sociale et professionnelle.

L’équipe fournit une écoute et des soins, à l’abri des violences de la rue. Elle propose aussi des formations à 16 métiers d’artisanat. 250 jeunes filles, dont les trois-quarts sont déjà mères, en bénéficient.

Se décharger du fardeau de tous les jours

En novembre 2015 et janvier 2016, ASI a eu l’idée d’inviter l’écrivain Arno Bertina à la Maison de l’espoir de Pointe-Noire. Elle lui a confié une mission : organiser un atelier d’écriture pour faire entendre la voix de ces jeunes filles, et leur permettre d’exprimer « ce qui les tue comme ce qui leur donne la force de ne pas mourir ».

Pendant plusieurs semaines, Arno Bertina a écouté les bribes d’histoire que ces jeunes filles lui dévoilaient. Il les a aidé à coucher sur le papier leur vie quotidienne, leurs rêves et leurs espoirs, malgré l’obstacle de la langue. Pour elles c’était l’occasion de se décharger du fardeau de tous les jours.

Les témoignages de ces jeunes filles ont été rassemblés dans un recueil publié par ASI, et financé par l’Institut français du Congo à Pointe-Noire et par l’entreprise South Offshore. Il est disponible sur demande.

Pour recevoir gratuitement le recueil, contactez ASI (Actions de Solidarité Internationale).
ASI sur le blog du BeeoTop : 
« L’humanitaire, c’est un engagement de tous les jours », l’interview de Catherine Keromnès, déléguée générale d’ASI.