Le job de Kodiko : aider les réfugiés à en trouver un

Kodiko aide les réfugiés dans leur insertion professionnelle.

Quand ils arrivent en France, les réfugiés ne connaissent pas le marché du travail. Depuis 2016, Kodiko les accompagne dans leur recherche d’emploi.

En 2017, la France a accueilli 34000 réfugiés en âge de travailler. Mais quand ils débarquent chez nous, les réfugiés sont comme en terre inconnue : ils n’ont pas de réseau pour trouver du travail, et ne possèdent pas les codes de la recherche d’emploi. Pourtant, beaucoup possèdent une solide expérience professionnelle et/ou un bon niveau de qualifications. Cette situation, Cécile Pierrat Schiever l’a bien connu : elle a passé vingt ans de sa vie dans plusieurs pays étrangers. De retour en France, elle a fondé Kodiko en 2016, avec Maÿlis Dupont, pour donner aux réfugiés les clés du marché du travail français. Aujourd’hui, l’association intervient en région parisienne et en Indre-et-Loire.

Beeotop – Quelle est la démarche de Kodiko pour aider les réfugiés ?

Cécile Pierrat Schiever – Nous avons choisi de personnaliser chaque histoire, avec deux types de programmes : un accompagnement en binôme par un salarié d’une entreprise partenaire pendant six mois ; un accompagnement collectif avec des ateliers de coaching professionnel, des speed meetings, etc. Parmi les ateliers que nous proposons : faire un CV, pitcher un projet, relancer un recruteur par téléphone, utiliser LinkedIn, etc. Les binomes sont supervisés par des membres de l’association ou des professionnels bénévoles. Et nous avons aussi publié un guide de recherche pour l’emploi des réfugiés.

Comment sélectionnez-vous les réfugiés ?

Nous leur faisons passer des entretiens individuels en retenant ceux qui ont un projet professionnel mûr, un niveau minimum en français et le statut de réfugié depuis moins de quatre ans. Une fois retenus, nous diagnostiquons leur situation suivant cinq axes : la maîtrise professionnelle de la langue ; la maturité du projet ; la maîtrise des codes du marché du travail ; la familiarité avec le monde de l’entreprise française ; la confiance en soi.

Quels sont les profils des bénéficiaires ?

Ils sont très hétérogènes à tous les niveaux : par leur origine (tibétain, russe, syrien, irakien…), leur niveau d’étude (de bac à bac+8), leur profession, leur moyenne d’âge (entre 30 et 40 ans). Les réfugiés doivent avoir suivi des cours de français s’ils n’avaient pas le niveau en arrivant sur le territoire français.

Vous avez déjà rejeté des profils après des entretiens ?

C’est arrivé, car si les candidats ne rentrent pas dans les critères que nous avons définis, nous ne pouvons pas les accueillir. Certains surestiment leur niveau de français, d’autres n’ont pas encore de logement stable. Ce dernier critère est essentiel, sinon leur situation relève de l’urgence, ce qui sort de la mission de Kodiko.

Quel est votre bilan aujourd’hui ?

Nous avons déjà accompagné deux promotions, soit 70 personnes, dont une sur deux environ a trouvé une opportunité professionnelle, CDD, CDI, alternance, intérim, stage ou formation. La troisième promo est en cours d’accompagnement.

C’est une bonne performance ?

Pour une association en plein développement, oui ! Il reste encore des progrès pour pérenniser les emplois trouvés, développer les partenariats avec les entreprises, et en trouver d’autres. Ce n’est pas seulement le taux de sortie qui nous intéresse, mais la volonté d’inscrire durablement les personnes dans la recherche d’emploi.

Avec quelles entreprises vous travaillez ?

Nous avons commencé avec Total et Club Med, puis d’autres nous ont rejoints : Sanofi, Vinci, EDF, Société Générale, et en Indre-et-Loire, beaucoup de PME du territoire. Nous leur proposons du mécénat de compétences qu’elles peuvent inclure dans leur politique de RSE. Beaucoup de personnes ont envie de s’engager mais ne savent pas comment faire : on a parfois l’impression d’aider plus le salarié que le réfugié !

Et en 2018, quels sont vos objectifs ?

Nous voulons doubler le nombre de binômes, pour atteindre 240 en 2018. Et nous voulons aussi ouvrir un nouveau territoire chaque année, dès la fin de cette année.

 

Pour en savoir plus : le site de Kodiko.
Un portrait de Cécile Pierrat Schiever sur Trait d’union.

One Response to “Le job de Kodiko : aider les réfugiés à en trouver un”

  1. Ousmane Diakhaby

    Grâce à kodiko,j’ai un CDD avec une institution,je remercie toutes l’équipe de kodiko d’avoir créé cette opportunité dont je ne m’attendais pas. Une pensée spécial à Cécile Gro et Francesca qui m’ont particulièrement soutenu.
    Merci.