L’hyper-mobilité est dangereuse pour la santé ? Une solution : le coworking

L'hyper mobilité est dangereuse pour la santé, le coworking est une solution de démobilité.

Plus loin, plus vite, plus souvent : ce n’est pas la devise des Jeux olympiques, mais celle des travailleurs du 21e siècle. Mais plus fatigant et plus générateur de stress aussi.

La mobilité s’est transformée en hyper-mobilité, avec son cortège d’effets secondaires sur l’environnement : gaspillage de ressources, saturation de l’espace…

Ce qu’on sait moins, c’est qu’elle est aussi mauvaise pour la santé des salariés. Et quand le temps de trajet s’allonge à cause des embouteillages, c’est encore pire.

D’après une étude de l’Université de Cambridge pour l’assureur anglais Vitality Health, conduite auprès de 34 000 travailleurs anglais, les trajets en voiture d’une heure ou plus ont des effets néfastes non seulement sur la productivité au travail, mais aussi sur le sommeil.

Ceux qui passent trop de temps tous les jours dans leur voiture ont 46 % de plus de risques de dormir moins de 7 heures par nuit. Or les autorités médicales estiment que les adultes entre 26 et 64 ans ont besoin d’un temps de sommeil entre 7 et 9 heures pour bien se reposer.

Stress, obésité, problèmes financiers

Au-delà d’une heure sur la route tous les jours, les employés ont 33 % de risques en plus de développer une dépression. Ils augmentent aussi le risque de souffrir de stress au travail voire d’obésité, et ils rencontreront davantage de problèmes financiers.

Ajoutez à cela l’imprévisibilité des embouteillages, et le stress engendré peut conduire directement au burn out, conclut l’étude.

Les salariés qui ont la chance de se rendre à leur travail en moins d’une demi-heure, eux, gagneraient en moyenne 7 jours de productivité par an.

Une autre étude de l’Université de Montréal montre un lien possible entre le temps de trajet et la probabilité de souffrir d’épuisement professionnel.

D’après les résultats, « le risque de burn out augmente considérablement lorsque le trajet domicile-travail est supérieur à 20 minutes ». Une conclusion à moduler en fonction des individus, des conditions de trajet et de l’employeur.

Encourager la « démobilité »

Mais l’hyper-mobilité n’est pas une fatalité. Elle peut être maîtrisée grâce aux nouvelles façons de travailler, par exemple en généralisant le télétravail et les espaces de coworking de proximité.

Gain de temps, liberté, efficacité, autonomie, responsabilisation et préservation de la santé… Ces nouvelles façons de travailler, qui encouragent la « démobilité », présentent de nombreux avantages. Elles sont d’ailleurs plébiscitées par les Français en général et les cadres en particulier.

« Pourquoi ne pas inclure l’accès à des espaces de coworking dans le forfait Navigo ? » propose par exemple Bertil de Fos, dg de Chronos, un cabinet d’études sur la mobilité et l’innovation urbaine.

 

Les études citées dans l’article (en anglais) :
Les longs trajets quotidiens coûtent une semaine de productivité aux entreprises
Les trajets quotidiens sont dangereux pour la santé mentale des employés

Interview de Bertil de Fos :
« On doit distinguer l’hyper-mobilité choisie et l’hyper-mobilité subie »