Pour quels lieux de travail alternatifs êtes-vous faits ?

lieux de travail alternatifs

Espace de coworking, FabLabs et autres incubateurs se développent dans le monde, mais aussi en France, créant ainsi de nouvelles façons de travailler et d’innover.

Les Américains ont commencé par les appeler les “tiers-lieux” (Third places). Ni au bureau, ni à la maison, ces nouveaux espaces de travail partagés peuvent servir de point de chute à des salariés délocalisés ou des entrepreneurs indépendants qui en ont assez de travailler chez eux et veulent échanger avec d’autres porteurs de projets.
“Je préfère l’expression de ‘lieux communs’ à ‘tiers lieux’, explique Bruno Marzloff, sociologue auteur de Sans bureau fixe, et directeur du Groupe Chronos. Ils sont en plein essor, d’abord, parce qu’il y a un problème croissant d’écartèlement entre le domicile et travail et de congestion dans les transports, qui provoque une demande de délocalisation des salariés. Ils télétravaillent chez eux, mais pas seulement. Dans des télécentres, par exemple [des plateformes où sont mis à disposition ordinateurs, wifi, imprimantes, NDLR]. Ensuite, parce que nous nous dirigeons vers une autonomisation du travail. Pour preuve, en France, il y a une réelle inflation du nombre d’auto-entrepreneurs. Nous avons dépassé le million pendant l’été 2014.”

Intéressons-nous à ces lieux de travail alternatifs qui visent à rassembler et soutenir des entrepreneurs pour favoriser l’innovation et l’échange de compétences. En voici quelques exemples phares.

Les cafés alternatifs, pour les bohèmes indépendants
Parmi les “tiers-lieux” les plus informels figurent les cafés, où vous pouvez télétravailler, sans être chez vous. On pense tous à ces étudiants ou jeunes actifs la tête penchée sur leur ordinateur pendant des heures en sirotant un café chez Starbucks, profitant ainsi de la connexion Wi-Fi. Pour aller au-delà, certains choisissent de se diversifier en jouant à fond la carte du lieu d’échanges. Ces cafés multifonctions ne permettent pas seulement de boire un verre, mais aussi de débattre d’un sujet avec des personnes invitées pour l’occasion, apprendre à réparer son ordinateur ou encore suivre un atelier sur la consommation responsable.
Ces lieux où l’on peut aller et venir à l’envi, ont un succès fou. En particulier, lorsqu’ils réhabilitent un lieu désaffecté qui appartenait à tout le monde. C’est le cas de la Recyclerie, dans le 18ème arrondissement de Paris, installée dans l’ancienne gare d’Ornano. Dans un autre genre, le Petit Bain, une barge café-concert, héberge et soutien des artistes émergents. Mais ici, les clients ne sont pas tous venus pour travailler, lancer une start-up ou réfléchir à un projet.

L’espace de coworking, openspace à la carte
Plus formels et payants, les espaces de travail collaboratif ou coworking louent des bureaux plus ou moins ouverts, à temps plein ou pour des petites périodes (demi-journées, une semaine…) pour des salariés délocalisés ou des indépendants. Ces bureaux collectifs en openspace peuvent rassembler des membres d’un seul secteur (numérique ou entrepreneuriat social, par exemple) ou au contraire, être ouverts à tous.
L’avantage est d’abord pécunier (puisque c’est toujours moins cher que des locaux classiques), mais aussi relationnel. En effet, un espace de coworking vise l’échange et l’interaction entre les coworkers, pour se filer un coup de main, donner son avis sur un projet ou simplement se créer un réseau professionnel. Ces relations sont favorisées par des espaces comme une cuisine, un salon ou encore un coin “pause café”. Le coworking peut donc permettre de “dynamiser l’environnement professionnel”, comme l’explique Bureau à Partager, entreprise qui met en relation les espaces de coworking et les structures ou travailleurs indépendants qui cherchent des locaux. Il y en a partout en France, comme le montre la carte qu’ils ont réalisée : http://coworking-carte.fr/

Les incubateurs, pour faire décoller sa start-up
Il y en a 36 rien qu’à Paris, les incubateurs sont des lieux qui accueillent des start-up pour rendre leurs projets viables et encore plus innovants. Au-delà de l’accompagnement dont ils bénéficient grâce aux intervenants de la structure (pour renforcer leur modèle économique par exemple), les entrepreneurs peuvent échanger avec les autres start-up, sur les bonnes pratiques ou les erreurs à éviter. Un incubateur accompagne aussi financièrement les entrepreneurs ou les aide à trouver d’autres financements. C’est pourquoi il faut généralement répondre à un appel à projet pour pouvoir y rentrer. Comme les espaces de coworking, ils peuvent être dédiés à un secteur précis ou non. Le site mon-incubateur.com en recense 194 en France.

Les FabLabs, pour ceux qui veulent fabriquer les choses eux-mêmes
Pour ceux qui veulent directement passer à la pratique, les FabLabs (contraction de Fabrication Laboratory) sont des ateliers dotés de machines à commande numérique simples d’utilisation ou encore d’imprimantes 3D permettant la fabrication d’un prototype. Dans la lignée du mouvement Do it Yourself (Fais-le toi-même), ils permettent aussi d’échanger avec les membres de l’espace pour améliorer son objet, que ce soit une prothèse médicale, un nouveau type de ventilateur ou une poignée de porte qui s’ouvre sans les mains.
Les Fablabs venus d’Outre-Atlantique disposent même d’une charte, rédigée par le Massachussets Institute of Technology, école mondialement connue pour ses innovations.

Un incubateur de start-up ou autre tiers-lieu peut tout à fait avoir à disposition un FabLab pour fabriquer et tester les inventions de ses membres.

Hackerspaces, espaces pour geeks et rois de la bidouille
Cela peut-être le cas d’un Hackerspace (encore un terme anglo-saxon!). Dans la même mouvance du Do It Yourself (DIY), et donc des “makers”, ceux qui fabriquent eux-même les objets qu’ils inventent, ces laboratoires ouverts sont en quelque sorte des espaces de coworking avec des moyens techniques pour créer des objets, tester ses inventions. Même s’ils n’ont pas forcément tous les mêmes outils que les FabLabs.

Encore une fois, il s’agit d’un mouvement. Les différents Hackerspaces communiquent entre eux et organisent des événements. Voici une carte qui en recensent une bonne partie : http://hackerspaces.org/wiki/List_of_Hacker_Spaces